Entre consolidation stratégique et innovations structurantes, l’année 2025 marque un tournant pour l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF). Malgré un contexte budgétaire contraint, l’institution a renforcé son rôle de catalyseur de la francophonie scientifique, en articulant recherche, diplomatie et employabilité à l’échelle mondiale.
En 2025, l’AUF affirme une orientation claire : faire de la science un instrument de coopération internationale. La conférence sur la diplomatie scientifique Europe–Afrique organisée à Bruxelles illustre cette ambition. Réunissant plus de 500 acteurs académiques et institutionnels, elle met en évidence le rôle stratégique des universités dans la construction d’un dialogue fondé sur la réciprocité, la confiance et le multilinguisme.
Cette approche dépasse la simple collaboration académique. Elle vise à connecter production scientifique et décision publique, dans une logique de co-construction des politiques face aux défis globaux — climat, développement ou inégalités.
Dans cette dynamique, la francophonie scientifique devient un espace d’influence, où la circulation des savoirs soutient une diplomatie fondée sur la connaissance.
Structurer un écosystème scientifique francophone
L’année 2025 marque également une étape clé dans la structuration des outils de la recherche francophone. La création du Comité international des rédacteurs en chef francophones (CIRCF) constitue une avancée majeure. Ce dispositif vise à professionnaliser, labelliser et rendre plus visibles les revues scientifiques en français à l’échelle internationale.
Parallèlement, l’AUF poursuit son travail de valorisation de la recherche avec des programmes comme VaRRIWA, qui traduisent les résultats scientifiques en innovations concrètes pour les territoires, notamment en Afrique de l’Ouest.
Cette logique d’impact se retrouve aussi dans les dispositifs numériques et les infrastructures déployées : près de 200 espaces (campus numériques, fablabs, centres d’employabilité) permettent de diffuser les savoirs et d’accompagner chercheurs et étudiants dans plus de 60 pays.
Jeunesse, employabilité et entrepreneuriat : au cœur du modèle
L’un des axes majeurs de l’action de l’AUF en 2025 repose sur la formation d’une nouvelle génération d’acteurs scientifiques. À travers ses programmes d’entrepreneuriat, plus de 100 000 étudiants ont été sensibilisés, et plus de 2 600 accompagnés dans la création de projets, dont certains ont débouché sur des startups.
Au-delà des chiffres, ces initiatives traduisent une transformation profonde du rôle de l’université francophone, désormais pensée comme un espace d’innovation économique et sociale.
Cette orientation se retrouve également dans les réflexions menées lors de la Semaine mondiale de la Francophonie scientifique à Dakar. Les débats ont mis en avant l’employabilité, la mobilité étudiante et la publication scientifique comme piliers d’un écosystème durable.
Un espace scientifique en mutation, éclairé par les données
L’AUF s’appuie sur ses observatoires pour analyser les transformations de la francophonie. En 2025, leurs travaux mettent en lumière une reconfiguration démographique profonde, accompagnée d’enjeux majeurs : inégalités économiques, exclusion financière et déficit de données sur les questions de genre.
Ces analyses confirment que la francophonie scientifique ne peut être dissociée des réalités sociales et économiques. Elles renforcent aussi le rôle de la science comme outil d’aide à la décision publique.
Réseaux et coopération : vers une intelligence collective
L’AUF a également renforcé ses réseaux, véritables colonnes vertébrales de la coopération scientifique francophone. En 2025, une nouvelle dynamique collective émerge, fondée sur l’interdisciplinarité, la valorisation de l’expertise du Sud et le développement de projets financés par des bailleurs internationaux.
Ces réseaux participent à une mutation du modèle scientifique : plus collaboratif, plus distribué et davantage ancré dans les réalités locales.
Rayonnement et vulgarisation : rendre la science visible
Enfin, l’AUF poursuit son effort de diffusion et de valorisation de la science en français. Le concours « Ma thèse en 180 secondes » illustre cette ambition, en renforçant la visibilité internationale des jeunes chercheurs et en promouvant la vulgarisation scientifique.
D’autres initiatives, comme les universités d’été ou les conférences panafricaines, contribuent à ancrer la francophonie scientifique dans des dynamiques territoriales et culturelles diverses.
Entre résilience et ambitions
Malgré une baisse significative des financements publics en 2025, l’AUF a maintenu ses activités et poursuivi ses projets structurants, illustrant une forte capacité de résilience institutionnelle.
Cette tension entre contraintes budgétaires et ambitions globales souligne un enjeu central : la pérennité d’un modèle de coopération scientifique fondé sur la solidarité internationale.
L’année 2025 confirme la transformation de la francophonie scientifique en un véritable écosystème global. À la croisée de la recherche, de la diplomatie et de l’innovation, l’AUF redéfinit le rôle de la science en français : non plus seulement produire des connaissances, mais structurer un espace de coopération capable de répondre aux défis contemporains. Dans un monde fragmenté, la francophonie scientifique apparaît ainsi comme un laboratoire d’un multilatéralisme renouvelé, où le savoir devient un vecteur de dialogue, de développement et d’influence.
